dimanche 15 juillet 2018

Lecture pédagogique : Enseigner la phrase par la littérature jeunesse (Chap 1)

Au début de juin 2018, une fille-dont-je-ne-connais-pas-encore-le-nom a eu la géniale idée de créer un cercle de lectures pédagogiques via la plate-forme Facebook. Comble de bonheur, le premier livre sélectionné en fut un sur l'enseignement de la grammaire via la littérature jeunesse. Ceux qui me suivent connaissent mon engouement pour cette façon de faire et mon amour inconditionnel des livres pour les jeunes. Depuis quelques années déjà, en plus de faire découvrir différentes oeuvres à mes élèves, je tente de m'inspirer de celles-ci pour introduire, pratiquer et consolider leurs différents apprentissages. 


Je propose de vous mettre par écrits mes différentes réflexions tout au long de ma lecture, question d'alimenter mon cercle de lecture et aussi pour vous donner le goût de le lire, si vous souhaitez également vous lancer dans cette pédagogique différente. 

Le premier chapitre met en évidence les concepts de base de cette façon d'enseigner et apporte quelques précisions et suggestions sur les façons de procéder pour se lancer dans l'enseignement à l'aide de la littérature jeunesse. Loin d'être plate et ennuyeuse, cette section m'a permis de me mettre rapidement dans le sujet, mais surtout de me reconnaître dans les descriptifs et de me réconforter dans ma façon de faire. On y parle entre autre des avantages que l'on acquiert à enseigner la langue (et toutes autres notions à mon avis) dans un contexte authentique et signifiant pour les enfants. L'utilisation de textes littéraires jeunesse permet ceci, mais nécessite donc une recherche et une planification efficace afin de bien cerner les enseignements que l'on veut y puiser. J'ai été très heureuse de lire que l'on y suggérerait des livres pour enseigner différentes notions. Bien que j'ai quelques titres en banque, les bonnes idées sont toujours les bienvenues :) 

Utiliser les oeuvres des auteurs jeunesse permet aussi de découvrir et d'observer une multitude de traits et de techniques d'écriture, chose que je tente de présenter à mes petits écrivains depuis quelques années déjà. Même en se fiant à la progression des apprentissages et en enseignant les différents objectifs qui y figurent, il est toujours stimulant et enrichissant de voir comment font les vrais auteurs pour donner du rythme à leur texte, pour accentuer des passages, pour faire dialoguer les personnages... L'écriture ne réside pas seulement dans la correction des fautes d'orthographe ou grammaticales, elle nécessite également la maîtrise de stratégies diverses pour passer notre message à nos lecteurs et pour leur faire vivre des émotions. Confirmer par la lecture d'un écrit spécialisé (parce que je considère les auteurs Pascale Lefrançois, Isabelle Montésinos-Gelet et Dominic Anctil comme des spécialistes dans le domaine) ce qui est devenu pour moi une évidence, est à la fois rassurant et encourageant; mon développement professionnel/personnel est sur la bonne voie.

J'ai vraiment hâte de lire la suite, car cette première lecture m'a également permis de croiser des éléments qui sont déjà bien présents dans ma pédagogie personnelle, tels que l'approche "spiralaire", la planification annuelle de l'enseignement des concepts, l'évocation mentale et la méta-cognition ainsi que cette possibilité d'être opportuniste lorsqu'on est enseignant et que l'on n'utilise pas de cahiers d'exercices pour alimenter nos jeunes. Je suis impatiente de voir comment les auteurs vont traiter ces différents aspects. 

Ce livre tombe à point dans mon processus réflexif estival car j'ai entamé ce printemps une planification de réseaux littéraires que je compte exploiter avec mes collègues dès l'automne 2018. Il ne me reste plus qu'à lier, tel que je le souhaitais, ma planification annuelle de français (lecture, écriture, grammaire) à mes différents réseaux et à trouver, dans les livres sélectionnés, des passages efficaces pour enseigner les concepts et les stratégies listés. En espérant que le présent livre pourra me venir en aide et continuer de m'inspirer. 

N'hésitez pas à me laisser vos idées sur l'enseignement à l'aide de la littérature jeunesse ou encore à venir nous rejoindre dans le cercle de lecture, afin d'y laisser vos commentaires et questionnements sur votre lecture. 

Bonne lecture et bonne canicule. 

mercredi 6 juin 2018

Les technologies en classe


Contrairement à plusieurs, je suis très heureuse de la stratégie numérique lancée par le Ministère de l'Éducation la semaine dernière ainsi que du nouveau budget alloué pour l'achat de flottes d'appareils et de robots. Je rêve un jour de travailler dans une école qui aura son propre labo créatif ! #Ludoka 

Je seconde tous ceux qui disent que l'argent alloué pour les élèves en difficultés n'est pas suffisant, et que plusieurs écoles québécoises sont en décrépitude, mais je suis aussi très heureuse de voir un gouvernement qui investit en prévision de l'avenir, qui ne fait pas seulement mettre un pansement sur une plaie ouverte. Le système scolaire québécois est à revoir en entier et je crois sincèrement que son succès repose entre autre sur un changement radical de pratiques. 

J'ai envie de donner une chance à cette nouvelle mesure, de croire qu'elle favorisera une meilleure implication des élèves (des enseignants et des parents) dans leur processus d'apprentissage et de développement de leur plein potentiel. J'ai envie d'y croire parce que depuis que j'utilise les technologies dans ma classe, depuis qu'un projet AVAN y est né, depuis que les robots et la programmation font partie de la vie de mes élèves, ceux-ci sont épatants et énergisants ! La motivation qu'ils démontrent pour arriver à finaliser leurs projets, la créativité qu'ils déploient pour trouver des solutions et se démarquer ainsi que l'autonomie dont ils font preuve dans le quotidien pour avancer et se surpasser, me prouvent que j'ai fait le bon choix. La prochaine réforme DOIT aller dans ce sens. Tout le monde y sera gagnant; les élèves en difficultés ou pas, les parents, les enseignants... la société en entier !

Je n'ai pas envie de me lancer dans un discours pour convaincre; je n'ai pas d'énergie à mettre là-dessus. Je fais plutôt dans l'action et m'allie avec des gens qui, comme moi, y croient. Merci à vous tous d'être aussi motivants et de me soutenir dans cette jungle qui en avale plus d'un. Les rêves de grandeur ne me font plus peur !

J'ai fait une pause dans ma journée de congé de correction (et oui, les profs ça prend des journées de congé pour corriger) suite à ces deux petites trouvailles dans le portfolio Seesaw de mes élèves. Deux petits projets #mathpouvrai #programmation qui m'ont rappelé l'importance que prend l'application ScrathJr dans la vie de mes élèves et tout le chemin qu'ils ont parcouru depuis le début de l'année.

Bon dernier droit à vous tous, et des vacances ensoleillées bien méritées.



mardi 15 mai 2018

Enseigner au 21e siècle

Au début du mois de mai, a eu lieu la diffusion de l'émission Banc Public sur l'éducation au 21e siècle. C'est suite à la lecture de ce présent blogue que la recherchiste de l'émission, la très charmante Florence, a décidé de me contacter et de m'inviter sur le plateau. J'étais tellement intimidée que j'ai pensé refuser. Pourquoi serait-on intéressé à entendre parler de la vie dans ma petite classe de 3e année ? Qui y trouverait là un quelconque intérêt, alors que tant d'autres enseignants font tellement plus que moi  et ont tellement de meilleures initiatives que les miennes ?

C'est donc avec mon syndrome de l'imposteur sous le bras que je me suis rendue sur le plateau et que je suis allée jaser avec Guylaine (parce que oui, c'est comme ça que ça s'est passé; on a jasé, comme deux amies sur un banc de parc. Cette dame est d'une générosité, d'une simplicité et d'un professionnalisme remarquables.) Ce fut simple, ce fut dynamique, ce fut amusant, bref ce fut à l'image de ma classe. Et puis je suis retournée à ma petite routine, j'ai travaillé sur une application de clonage avec Mathilde et Danick et les semaines ont passé...

L'annonce de l'émission est arrivée sans crier gare et alors que je pensais regarder cela secrètement dans mon salon avant de publiciser le tout, je me suis retrouvée bombardée de messages. J'ai dû me faire à l'idée qu'on ne puisse pas contrôler la vitesse de propagation sur les médias sociaux et j'ai écouté l'émission toute seule chez moi, mais accompagnée par des dizaines d'amis, de profs, de connaissances et d'inconnus qui me textaient leur encouragement, leurs félicitations, leur approbation, leur admiration... et la vague a continué ainsi des jours durant. 

Ce fut un grand moment pour l'éducation, ce fut un moment rassembleur où pour une fois, on parlait positivement de ce qui se passe dans les écoles, ou pour une fois la communauté enseignante était fière et motivée face à l'avenir de l'éducation au Québec. Moi qui ai régulièrement des bâtons dans les roues, j'ai été impressionnée de tous ces profs qui se sentaient interpellés par ma pédagogie, qui étaient inspirés par ma façon de faire et qui avaient envie de faire autrement. J'ai été encouragée de voir tous ces enseignants regarder dans la même direction.

Maintenant que la vague est passée, maintenant qu'on a amorcé le décompte de la fin de l'année scolaire, j'ai envie de dire merci à tous ceux qui m'ont écrit et félicitée, mais j'ai surtout envie de dire bravo à tous ceux qui ont été inspirés et qui ont décidé d'enseigner autrement. Je peux d'ores et déjà vous dire que le chemin ne sera pas facile, mais rappelez-vous que vous pouvez faire la différence et que l'éducation au Québec n'attend que vos initiatives créatives et innovantes pour faire arriver l'école au 21e siècle. Allez de l'avant, innovez avec des projets rassembleurs, osez faire différemment et surtout, surtout, partagez vos initiatives avec vos collègues à travers le Québec et la francophonie. Utilisez Twitter, Facebook, Instagram et soyez inspirants pour quelqu'un d'autre !

Les médias sociaux sont une porte d'entrée formidable sur le monde et la collectivité et ils sont une source inimaginable de partage collectif. Je suis heureuse d'avoir pu inspirer d'autres enseignants avec cette émission, mais je n'aurais jamais eu autant d'idées à partager sans les Valérie, Geneviève, Myriam, Brigitte, Carl, Catherine, Julie, Pierre, Karine et Annick de ce monde virtuel. Je ne serais pas l'enseignante que je suis sans ma tribu de crinqués qui partagent ma passion avec autant d'ardeur. Merci à vous d'être là !

Merci également à l'équipe de Banc Public d'avoir permis cette émission, d'avoir cru qu'il était possible d'enseigner différemment au 21e siècle, d'avoir allumé cette étincelle dans la profession et d'avoir été aussi rassembleur. Merci à toi Guylaine d'avoir rendu ce moment si agréable. Merci à toi Florence de m'avoir rassurée et convaincue.



dimanche 1 avril 2018

#MathPourVrai 2018


Il y a quelques semaines, j'ai reçu une offre que je ne pouvais pas refuser. Mon projet Twitter préféré avait besoin de nouvelles organisatrices et on m'a généreusement offert de le prendre en main pour cette 4e édition. Merci à Julie Chamberland et à ma Ninja Geneviève Hamelin pour ce précieux cadeau.

C'est ainsi que ma très appréciée collègue Valérie Cadieux et moi-même avons décidé de reprendre les rênes de #MathPourVrai. Nous venons fièrement d'annoncer sa venue et des détails suivront sous peu, d'ici le début officiel du projet, le 16 avril prochain.

Serez-vous des nôtres ?




mercredi 14 mars 2018

Cartes à tâche: Au magasin

Vous connaissez les cartes à tâches ? En gros, ce sont des cartes sur lesquelles sont posées des questions auxquelles l'élève doit répondre, pour ensuite s'auto-corriger. Elles ont comme avantage de permettre à l'élève de travailler de façon autonome et amusante. De plus, cela permet souvent à l'enseignant de faire des sous-groupes de soutien ou de travail avec d'autres élèves. Personnellement, je préfère mettre mes cartes à tâche dans ChallengeU, de cette façon, je suis certaine que les élèves persévèrent sérieusement pour trouver les réponses et surtout, cela m'évite de trouver un système de rangement pour ces charmantes cartes. 

Toutefois, comme mes élèves (et cela est toujours aussi vrai d'une année à l'autre) adorent littéralement utiliser des codes QR, j'aime varier mes ateliers en ajoutant parfois des cartes à tâche avec auto-correction sur codes QR. Cet atelier est toujours très populaire !

J'avais quelques séries en main que j'ai ramassées à gauche et à droite sur Internet, mais je n'avais jamais créé une série complète (sauf peut-être celles que je fais créer par les élèves et que je regroupe ensuite pour que l'on se pratique ensemble). Or voilà que je me suis lancée dans la création la semaine dernière et je suis fière de vous partager le résultat aujourd'hui; cartes à tâche sur une thématique de magasin, où les élèves devront calculer le montant des achats, tenir compte des rabais et remettre la monnaie adéquatement, le tout naturellement en auto-correction sur codes QR.

Amusez-vous bien ;)


lundi 6 novembre 2017

Ma classe inversée

C'était en 2014, au congrès de l'Aquops, congrès auquel j'assistais pour la toute première fois, armée de mon Ipad tout neuf de ses 2 mois d'utilisation. Seulement 3 ans et demi se sont écoulés depuis, mais c'est comme si c'était une éternité. J'arrivais là-bas confiante et sereine, certaine d'être une techno-pédagogue émérite qui ne cherchait qu'à se mettre à jour dans l'utilisation de ce nouvel outil qu'était le Ipad. J'allais y prendre la plus mémorable des dégringolades et en ressortir de là complètement transformée !

C'était donc à ce congrès auquel j'assistais, à l'atelier choisi par dépit et ciblé pour les enseignants du 3e cycle avant tout, que j'ai fait la rencontre qui a changé ma pratique et une bonne partie de ma vision de l'enseignement. C'est là que j'ai rencontré Éric Tremblay et Karine Riley. C'est là que j'ai découvert la classe inversée. C'est là que j'ai su que je pouvais faire beaucoup plus avec les TIC. C'est là que j'ai réalisé que j'étais à des années-lumières d'être à jour dans ma pratique. C'est là que j'ai pris une débarque des plus grandioses. 

Je pense que si on avait filmé mes réactions pendant cet atelier, on aurait bien rigolé; surprise, étonnement, incrédulité, questionnement, euphorie, motivation, excitation... et encore ça c'était seulement ce qui était visible sur mon visage. Mon cerveau et mon imagination étaient en transe. Je n'avais qu'une idée en tête: adapter cette façon de faire pour des élèves plus petits, pour MES élèves !

Aussitôt de retour chez moi, je me suis mise à la création de capsules d'enseignement et ai fait des recherches sur la classe inversée. C'est là que j'ai découvert que cette façon d'enseigner était plus populaire en France et que nos cousins avaient beaucoup à nous partager à ce sujet. Après plusieurs lectures de blogues, visionnement de vidéos et échanges Twitter avec des enseignants, j'ai pu déterminer mes critères d'utilisation et mettre en place la classe inversée avec mes élèves de 3e année. 

Avec le temps et l'expérience, mes façons de fonctionner ont changé, ont évolué, se sont adaptées et modifiées. C'est ce résultat que je vous présente aujourd'hui. 

C'est la création de ma chaine YouTube et des capsules adaptées aux apprentissages de début de cycle qui a pris le plus de temps. Par contre, une fois que c'est fait, rare sont les fois où je sens le besoin de recommencer une capsule. De plus, avec le temps, j'ai découvert des collègues merveilleux qui, bien qu'à des niveaux supérieurs, font  des capsules merveilleuses que je peux utiliser avec mes élèves. Pour jeter un oeil à ces petites créations, allez faire un tour sur ma chaine YT.


J'utilise ces capsules principalement pour deux choses; amorcer une nouvelle notion avec les enfants ou réviser une notion déjà travaillée en classe. Dans ce deuxième cas, la capsule est envoyée à la maison avec quelques questions de pratique, ce qui permet aux parents d'assurer un suivi et de voir où nous en sommes dans nos apprentissages. Pour la découverte des nouvelles notions, la capsule s'écoute soit à l'école, soit à la maison, et s'accompagne toujours de la création d'une carte conceptuelle. Cette carte sert avant tout à résumer sa pensée, à faire des liens entre les concepts et à s'assurer de la compréhension de la notion. Naturellement, un enseignement stratégique de la fabrication d'une telle carte est nécessaire dès le début de l'année. 



Deux exemples de cartes conceptuelles créées par mes élèves à partir d'une capsule


Le visionnement des capsules se fait toujours via ChallengeU, une plate-forme très utile pour regrouper vidéos, documents, exercices et réflexions. C'est la façon la plus simple et la plus sécuritaire que j'ai trouvée pour partager mes capsules. De plus, cela permet également d'y joindre des questions-exercices afin de valider l'apprentissage du concept. Pour réaliser cette étape de validation du concept, en plus des séquences d'activités ChallengeU, j'utilise aussi des activités LearningApps, des quiz Kahoot, des activités sur papier et des situations d'application en maths. 

Lors de la réalisation de ces activités, la participation active des élèves est nécessaire pour réussir à construire efficacement le concept étudié. J'en profite alors pour faire des cliniques en sous-groupes pour soutenir les plus faibles, ainsi que des duos d'élèves pour favoriser le travail d'équipe et le soutien par les pairs. De cette façon, tout le monde est impliqué activement dans le processus et peut soit demander de l'aide, soit jouer un rôle d'expert pour expliquer à un autre élève.

Vient ensuite, une période de consolidation et de création. C'est à ce moment que je laisse les enfants créer leur propre capsule, fabriquer une affiche explicative, inventer un jeu ou tout autre projet qui les intéresse, pour partager leurs apprentissages avec les autres. Cette étape essentielle est la plus intéressante, car elle permet de découvrir de petits bijoux ainsi que de faire appel à la méta-cognition des enfants pour valider si l'apprentissage du concept est bien acquis.

Voici des exemples de créations:









Travailler en classe inversée demande beaucoup d'organisation et nécessite de repenser ses priorités pédagogiques. Les échanges, le travail d'équipe, la création de capsules et d'activités ne peuvent se faire dans une classe complètement silencieuse où chacun fait son travail de façon individuelle. Pour obtenir tous les bienfaits de la classe inversée, il faut permettre aux enfants d'être plus engagés et actifs dans leur démarche d'apprentissage, de questionner et de s'entraider, de créer sans barrière de style, de faire des erreurs, de recommencer et surtout d'apprendre à leur propre rythme. Le tout ne se développe pas du jour au lendemain, ni pour l'enseignant, ni pour les enfants. Il faut y aller un pas à la fois et se réajuster dans la façon de faire, dans la fréquence, dans les modalités, dans ses attentes et dans ses besoins. 

Ma classe n'est pas complètement inversée et c'est parfait pour moi ainsi. Je peux alors toucher tous les styles d'apprentissage et développer le potentiel de tous mes élèves. Certaines notions sont plus simples à enseigner en inversée alors que d'autres demandent une petite leçon de ma part ou des exercices plus conventionnels. Comme dans tout, l'excès n'a pas sa place et il faut savoir s'adapter.

dimanche 29 octobre 2017

La littérature au service des enseignants

Depuis que je suis toute petite, j'adore les livres. Dans ma mémoire, chaque période de ma jeunesse et de mon adolescence est associée à un ou des livres que j'ai particulièrement aimé(s). Dans ma classe, j'aime faire découvrir mes histoires préférées et mes auteurs favoris à mes élèves. Très souvent, je lis pour le simple plaisir de partager et de discuter autour d'un livre, mais il m'arrive aussi d'utiliser des livres précis pour introduire une notion, pour déclencher une discussion sur un thème choisi ou pour débuter un projet parallèle. 

Suite à mon passage au Pédagofest au mois d'août dernier, j'ai décidé de préciser davantage ma sélection d'albums et de faire des recherches plus approfondies pour découvrir de petites merveilles à lire à mes élèves. Je souhaitais des albums riches d'idées mais aussi riches de possibilités pour travailler les différentes stratégies d'appréciation et de réaction (telles que présentées par Julie Provencher) mais aussi également des stratégies de tous les jours en grammaire, en écriture ou même en maths. Je prends le temps, en ce dimanche pluvieux, de vous partager mes trouvailles de ce début d'année. 

Mon école est un zoo !
Stu Smith
éditions Scolastic
Comme première lecture de l'année, j'ai choisi un album léger et humoristique. Je voulais m'en servir que pour introduire le rituel de lecture en classe, mais il s'est avéré idéal pour discuter d'inférences avec les élèves. De plus, j'ai utilisé quelques pages dans les jours suivants pour consolider le concept du nom en grammaire.

Splat raconte ses vacances
Rob Scotton
éditions Nathan
Parce que j'adore les chats, j'ai aussi lu dans la première semaine ce livre très rigolo de ce personnage que j'adore. Suite à sa lecture, nous avons parlé de deux stratégies d'auteur, soit la répétition dans l'histoire et la fin inattendue. Nous en avons également profité pour parler des petits frères et des petites soeurs parfois insupportables et aussi pour présenter à notre cercle, une personne spéciale qui a partagé nos vacances. 

L'autobus colère
Marie-Danielle Croteau
éditions de la Courte Échelle

Pour la première fois, j'utilise cette année les expressions de Jacinthe Morin comme défis de classe (elles sont juste ici pour ceux qui voudraient les consulter). Pour les introduire auprès de mes élèves, j'ai choisi ce merveilleux livre de Marie-Danielle Croteau qui raconte l'histoire d'un petit garçon qui ne comprend rien à rien aux expressions qu'utilise sa mère pour lui parler de l'école. On a vraiment beaucoup ri et cela nous a permis de découvrir une panoplie d'expressions de la langue française et aussi de parler des peurs qui deviennent démesurées face à l'inconnu quand on ne pose pas de questions.

Pas de dragon dans ma maison !
Jean Pendziwol
éditions Scholastic

Comme la rentrée scolaire ne se fait pas sans une pratique d'évacuation, j'ai choisi de parler de celle-ci en lisant ce livre avec mes élèves. Un peu simpliste et peut-être mal adapté à mon niveau, il a tout de même été un bon déclencheur à la fameuse discussion du "comment faire". Si vous avez une autre suggestion sur le thème, je vous serais très reconnaissante de prendre le temps de me l'inscrire dans les commentaires.

Papa est connecté 
Philippe de Kemmeter
éditions La Martinière jeunesse

Comme un projet BYOD/AVAN est en place dans ma classe, je ne pouvais passer à côté de la thématique en ce début d'année. Ce livre a beaucoup plu et nous a permis de parler des saines habitudes d'utilisations de nos appareils électroniques et l'importance d'avoir des amis. 

Je ne lirai pas ce livre
Cece Meng
Éditions Scholastic

Afin d'illustrer les compléments de phrases à mes élèves, j'ai utilisé ce petit bijou de livre. Hilarant à souhait, il permet de constater toute la richesse que peuvent avoir les compléments dans une phrase. Naturellement, il a aussi fallu que je leur démontre le contre-exemple d'une phrase beaucoup trop longue, car celle-ci s'étiiiiire à tout jamais. J'en ai aussi profité pour parler vaguement de la virgule d'énumération. Finalement, plusieurs élèves ont reconnu la stratégie d'auteur discutée dans le livre Splat raconte ses vacances; la répétition.

Splat le chat
Rob Scotton
Éditions Nathan

Ce livre traînait dans la bibliothèque de ma fille et sa découverte fut une révélation pour introduire la stratégie à utiliser pour repérer le verbe conjugué dans une phrase. Suite aux péripéties de la journée, l'enseignante de Splat change une phrase écrite au tableau en phrase négative... Et boom ! La stratégie du ne...pas est lancée ! Ce fut simple et efficace comme ça !

La grande fabrique de mots
Agnès de Lestrade
Éditions Alice

Ce bel album est un incontournable pour tous ceux et celles qui utilisent le mur de mots chics dans sa classe. Il permet aussi de justifier l'importance de la recherche du vocabulaire lorsqu'on écrit un texte. Un incontournable qui pourrait aussi déboucher sur une pratique d'écriture qui utilise des mots nouveaux pour les enfants, comme philodendron ou ventriloque...

La chaise bleue
Claude Boujon
Éditions des Loisirs

De par ses personnages drôles et diamétralement opposés ainsi qu'avec sa finale un peu simpliste, ce livre est parfait pour travailler la réaction à la lecture. Les élèves ont eu de la facilité à exprimer leur opinion face aux personnages ainsi que face à la fin qui nous laisse justement un peu sur notre faim. 

Le meilleur moment / Le pire moment
Andrée Poulin 
Éditions Imagine

Ces deux petits livres très simples et rigolos m'ont permis de façon très efficace de faire la distinction entre les verbes à l'infinitif et les verbes conjugués. Chaque page étant bâtie sur la même structure de phrase (Le pire moment pour renverser son jus de raisin, c'est quand on vient de terminer son dessin.), on a pu trouver dans chaque page au moins un exemple de chaque verbe. Les élèves ont même fabriqué des capsules explicatives sur le sujet avec ces livres (Je vous présenterai le tout dans un autre billet).

Je ne veux pas être une grenouille 
Dev Petty
Éditions Scholastic

Je me suis servie de ce petit livre tout simple (et du suivant) pour introduire la phrase négative à mes élèves. Celui-ci est bâti de façon très simple et il y est facile d'y retrouver ce type de phrase. Dans le deuxième, les négations sont plus variées, ce qui a permis de voir plusieurs modèles de construction des phrases négatives.

Ce n'est pas mon chapeau
Jon Klassen
Éditions Milan

En plus de consolider nos phrases négatives, je ne pouvais pas passer à côté du problème éthique que soulève ce livre. Le petit poisson qui vole un chapeau dédramatise son geste avec plein d'excuses qui permettent de discuter efficacement du concept de bien et de mal et des circonstances atténuantes. 


Ceci résume les lectures stratégiques faites avec mes élèves pour septembre et octobre. Comme ma recherche en est à sa première année, je suis relativement satisfaite de mes découvertes. J'aurais aimé avoir encore plus de livres à lire aux enfants, mais je me rappelle que la stratégie de la tortue est toujours efficace quand on commence quelque chose. De plus, au travers de toutes ces lectures animées nous avons aussi découvert l'univers de Michaël Escoffier avec les nombreux livres de sa plume que j'avais mis à la dispositions des enfants. 

Comme toujours, je serai heureuse de lire vos commentaires ainsi que vos suggestions suite à ce partage.